Informations pratiques
Un édifice néo-roman enraciné dans le haut Moyen Âge
Origines anciennes et transmission ecclésiastique
L’église de Lournand, dédiée à la Vierge Marie, est citée dès 950. De fondation romane, elle fut donnée à la fin du XIᵉ siècle par l’évêque au chanoine Ornard, avant d’être rendue au chapitre de Saint-Vincent de Mâcon par les fils de Geoffroi de Cluny.
C’est à cette époque que la paroisse de Merzé fut unie à celle de Lournand, affirmant son rôle central dans la vie religieuse locale.
Une reconstruction au XIXᵉ siècle sur des bases médiévales
L’église actuelle est entièrement reconstruite en 1846, à l’exception de la travée du clocher d’origine romane, conservée comme témoin de l’édifice primitif.
En 1858, un nouveau clocher est édifié sur cette souche romane. On peut y admirer une coupole octogonale sur trompes, délimitée par quatre arcs en plein cintre, avec des traces de peintures anciennes, dont une clef de voûte peinte en trompe-l’œil.
Un plan basilical néo-roman harmonieux
L’église adopte un plan basilical de style néo-roman. La nef, voûtée en berceau plein cintre, comprend cinq travées. Elle est flanquée de deux bas-côtés voûtés d’arêtes.
Les piliers ronds, à tambours, sont couronnés de chapiteaux toscans, sobres et élégants. À la suite de la nef s’étend une travée de chœur, marquée par deux arcs doubleaux, qui débouche sur une abside en cul-de-four, éclairée par deux fenêtres en plein cintre. Leurs vitraux représentent Saint Pierre et Saint Augustin.
Un mobilier liturgique riche et varié
À gauche de l’entrée, on remarque une belle armoire de style gothique flamboyant, rare témoignage de mobilier ancien.
Dans la nef, les vitraux, dons de fidèles, enrichissent l’espace de lumière colorée. À l’ouest du bas-côté nord, un autel avec tabernacle en bois peint, de style néoclassique, accueille une Vierge dorée à la feuille, contemporaine de la construction de l’église.
Dans l’abside, un autel en marbre blanc, à pilastres cannelés, surmonté d’un tableau de l’Assomption de la Vierge, constitue le cœur liturgique de l’édifice.
À l’est du collatéral sud, un autel similaire, mais sans tabernacle, abrite une statue du Christ tenant un calice, probablement d’époque contemporaine.
Objets de culte et œuvres d’art
- Chaire en bois fruitier (côté nord, entre la 2e et la 3e travée), ornée d’appliques représentant les quatre évangélistes.
- Christ en bois peint, en vis-à-vis sur le mur sud.
- Tableau du XVIIIᵉ siècle, côté ouest de la nef, représentant la Vierge sur un nuage, entourée de Saint Sébastien et Saint Nicolas.
- Bénitiers sur pied en pierre, situés côté sud entre la nef et le porche, et près de la porte latérale.
- Fonts baptismaux sous le porche, splendides, en marbre rose et blanc, réutilisant une vasque de bénitier du XVIIIᵉ siècle.
Une restauration soignée
L’intérieur de l’église a été repeint en 1994, à l’exception de la travée du clocher, conservée dans son état roman originel, soulignant ainsi le dialogue entre l’ancien et le nouveau dans cet édifice richement restauré.